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Publié dans : Rapports CdC - Par Pontifex
Vendredi 30 mai 2008
2eme et dernier volet du rapport de la Cour des Comptes (voir le premier).

3 - Le réseau
Le réseau ferroviaire français est constitué de 29800 km de lignes dont 1800 LGV. Contrairement à une idée reçue, comme quoi la gestion étatique serait garante d'un réseau meilleur, le réseau français laisse apparaître de sérieux problèmes de stabilité géométrique et de corrosion de caténaires. Ceci entraîne des ralentissements conséquents, que tout le monde a connu, les fameux passages où il serait plus rapide de continuer à pied.
La gestion française est la seule en Europe à plus dépenser en entretien qu'en renouvellement, le tout pour une maintenance inférieure aux autres pays Européens. C'est d'ailleurs une caractéristique qui se retrouve dans tous les comptes de l'Etat, on dépense plus en fonctionnement qu'en investissement, ce qui veut dire que la dette créée n'engendre pas d'infrastructures transmissibles aux futures générations, contrairement aux pays scandinaves par exemple, pays que l'on décrie à présent au motif qu'ils sont eux aussi endettés, pays qui ont misé sur des équipements performants : universités, infrastructures,...
Le taux d'accident actuel est équivalent à celui de 1993, tandis que les retards sont globalement en hausseà l'exception du fret. Toutefois, les chiffres correspondant au retard sont à prendre avec précaution car il n'existe pas réellement de base de données desdits retards.

Retards            Taux         Retard pris en compte

Fret                     14%                         > 14 min
G.L                       9%                          > 14 min
TER                      20%                         > 5 min
Francilien                  10%                           > 3 min

En 2007, seul un quart des prévisions de maintenance ont été réalisées, entraînant des ralentissements conséquents.

L'ensemble de ces faits entraîne des émissions CO2, liées au taux d'occupation des wagons, défavorables. Ainsi, le transport en TER émet plus de CO2 que le transport régional en autocars, et généralement, une voiture à quatre occupants est moins émettrice qu'un train, hors TGV et IDF.


La pathologie dont souffre le réseau est un manque d'organisation, se traduisant par la nécessité de réduire les coûts globaux afin d'améliorer la programmation et l'organisation de la maintenance, et de se tourner vers le renouvellement plus que la réparation. Ceci pose d'ailleurs le problème des lignes à trafic quasi nul, certaines n'étant même pas électrifiées, et d'autres utilisées à des fins touristiques dont les revenus ne compensent pas les travaux de maintenance engendrés.

4 - La rentabilité

Globalement, la distinction construction-maintenance/ exploitation a été bénéfique vis-à-vis de la gestion, même si l'organisation est trop lourdes. En effet, la SNCF notamment est constituée de plusieurs pôles, eux même séparés en divisions régionales, départementales, locales,... Le tout condamnant la SNCF a une grande inertie. A titre d'exemple, la maintenance occuppe 32 000 personnes réparties dans 68 établissements généraux, 13 établissements logistiques et 7 industriels.

Le gain de production depuis 1997 est estimé à 1,5 - 2%. Mais RFF reste un scandale pur et dur. Le résultat de la branche infrastructure est passé de -23 M€ à -84M€ de 2002 à 2006.

La SNCF paie 689M€ à RFF pour la gestion des circulations, mais cela reste insuffisant. RFF a pris 20,5Md€ de dette non amortissble à sa création, et la dette totale est passée de 34Md€ à 45Md€. Et cela alors que relativement peu de nouvelles lignes ont été crées ou renouvellées. Ces brillants résultats classent RFF 2eme entreprise la plus endettée derrière F.T. Mais l'idée première de RFF est respectée : lui refilier la dette a permis de faire perdre la première place à la SNCF.

Les recommandations du rapport

Le rapport préconise une clarification de la séparation RFF SNCF, structurellement et comptablement. Elle propose à l'Etat de payer les 13Md€ de dette non amortissable de manière à relancer RFF. Concernant l'activité, le rapport préconise une augmentation des dépenses de maintenance en privilégiant le renouvellement, et une augmentation de productivité et de rentabilité,ce qui devra un jour ou l'autre passer par une réorganisation. Les lignes non fréquentées doivent être remises en question, notamment vis-à-vis du Grenelle et de ses 2000 nouveaux km de lignes.



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